28.01.2012

Sillage - J.D. Morvan et Ph. Buchet

sillage-navis.gifJ’ai relu l’intégrale de la série de BD Sillage de Jean-David Morvan (au scénario) et Philippe Buchet (au dessin), à cette occasion, je recycle un ancien billet publié alors que ce blog venait tout juste de larguer les amarres sur ce web très worlwide. 
Et ça sera ma manière à moi de célébrer le Festival de BD d’Angoulême qui a lieu ce weekend :-)

Sillage est un immense convoi intersidéral où se côtoient une multitude de races extraterrestres à la recherche de nouvelles planètes habitables. La race humaine y est inconnue, jusqu’au jour où le convoi croise une planète où réside Nävis, une enfant sauvage vivant en parfaite adéquation avec la nature environnante. Unique survivante du crash de son vaisseau alors qu’elle n’était qu’un bébé, la jeune fille rejoindra Sillage malgré elle mais s’y adaptera, espérant trouver d’autres Humains qu’elle idéalise. Grâce à ses aptitudes hors du commun elle deviendra un agent de la Constituante, le système politique en place qui régit Sillage.

Sillage est rien de moins que la plus enthousiasmante BD de SF depuis Valerian et Laureline (tiens il faudra que j’en parle un jour^^). Apportant assurément du neuf, pêchue, avec des couleurs et des dessins superbes, des scénarios passionnants, elle séduit instantanément. La personnalité de son héroïne qui évolue réellement au fil des albums, grandi, n’y est bien sûr pas pour rien.
On suit l’évolution du personnage, sa quête identitaire au milieu des innombrables peuples de Sillage qui cohabitent parfois non sans conflits, déjouant les coups fourrés de mystérieux individus haut placés, aidée par ses deux inséparables amis, Bobo, humanoïde créé artificiellement, invulnérable, un vrai bonhomme en mousse^^, et Snivel, robot malin et protecteur, à l’instinct quasi maternel.

Et avec 14 tomes parus à ce jour (plus un hors série) depuis 1998, soit un par an, on n’a pas de quoi s’ennuyer.
Et si vous ne pouvez plus vous passer des aventures de Nävis, il existe deux séries dérivées. La première, Les Chroniques de Sillage (6 tomes parus), est un projet de collaborations. Morvan et Buchet ont imaginé des histoires courtes qu’une ribambelle de dessinateurs ont mis en images. On trouve 5 histoires par tomes, qui éclaircissent certains détails des aventures de la série principale. Ces chroniques, contées par Bobo dans un futur indéterminé, s’adressent donc avant tout aux inconditionnels de Sillage. Côté dessin, il y a vraiment à boire et à manger, avec un grand nombre de dessinateurs (dont je n’avais jamais entendu parler pour certains) aux styles très différents.
A noter que le tome 5, qui fait la part belle à des mangakas, se lit comme un manga, avec le sens de lecture inversé.

navis-buchet-munuera.jpgLa seconde série dérivée est Nävis (5 tomes) qui raconte l’enfance de Nävis sur la planète sans nom où son vaisseau s’est écrasé. Morvan et Buchet sont bien sûr aux commandes des histoires et le dessin est confié à l’espagnol José Luis Munuera.
Avec un dessin très dynamique qui m’évoque Franquin (Morvan et Munuera avaient d’ailleurs un temps repris la série Spirou)  et des histoires plus légères (quoi que…) c’est une série hautement réjouissante.

buchet_navis_assise.jpgEt peut-être qu'avec tout ça, vous deviendrez tellement accro à la belle héroine qu'il vous faudra collectionner, tel le consul Enshu Atsukau, tout ce qui se rapporte à elle, de l' ex libris à la figurine en résine ;)  

21.01.2012

Roger Sanchez - Another Chance

Madeleine vidéo # 9 

Ok, ce morceau de Roger Sanchez qui sample une chanson de Toto ("I won't hold you back") n'est pas extraordinaire, en revanche le clip est un petit bijou qui date du début des années 2000, réalisé par Philippe André.

Une vidéo en forme de fable urbaine dont je ne me suis jamais lassé. "Il était une fois, dans une grande ville, une jeune femme au coeur très grand..."

 

Le clip est visible en super qualité sur le site officiel de Philippe André

14.01.2012

Monde parallèle : le triple non-A de van Vogt

**blip**
Mise en route automatique du programme de tournage en dérision de la réalité (logiciel exclusif LOL 2012) :

Génération d’images :

le-monde-des-a.jpg

les-joueurs-du-A.jpg

la-fin-du-a.jpg

Informations :

Le cycle du Ā (lire le cycle du non-A) est une trilogie de SF écrite par Alfred E. van Vogt : Le Monde des Ā (1945), Les Joueurs du Ā (1956), La Fin du Ā (1984). Les deux premiers romans furent traduits en français par Boris Vian.

Rapport du logiciel LOL 2012 :

L’histoire n’a aucun rapport avec la choucroute économique actuelle, mais établir un parallèle tordu était trop tentant ^^ 

Désactivation du programme.
**blip**

29.12.2011

Artesia - Wanderings

 artesia-wanderings.gifDeux ans et demi après l’album Llydaw, Artesia est de retour avec un nouveau disque, Wanderings, tout simplement somptueux, aussi bien artistiquement qu’esthétiquement.

Toujours distribué par le label Prikosnovénie, le groupe dark atmosphérique a très bien fait les choses. L’album est disponible au format 13,5 x 20, un vrai livre-disque avec des photos signées Karydwen mettant en valeurs Agathe et Gaëlle, les deux membres du groupe.

Il y a eu du changement depuis Llydaw : Gaëlle, LA violoniste d’Artesia, est donc de retour au bercail, et ça fait drôlement plaisir. Enfin, Loïc, musicien invité sur chaque album et qui avait été intégré comme membre à part entière sur le précédent, ne fait plus partie de l’aventure.

Le duo féminin collabore désormais avec Jean-Charles Wintrebert et le travail de ce dernier sur les orchestrations est remarquable. Les arrangements sont très riches et particulièrement soignés, on a l’impression d’entendre un véritable orchestre par moment, alors qu’il s’agit de sons synthétiques !

Le son gagne en ampleur et en puissance, la musique d’Artesia était déjà belle, elle touche désormais au sublime.

Plus que jamais, la voix d’Agathe nous emmène vers un autre monde, fantastique, où règne Dame Nature. Pour nous guider, en plus des textes écrits de sa main (Wanderings, Lying on the Grey Foam, In my Dreary Thoughts, Tristesse), elle a convié cette fois ni plus ni moins que Shakespeare (dans The Summit of the Tree qui emprunte un extrait du poème Under the Greenwood Tree), William Blake (dans Aerial un fragment traduit en français de Silent, Silent Night), Pétrarque (dans Quiet They are now, des extraits en français du poème Je m’en vais en pleurant), Tibule est présent avec quelques vers en latin dans A l’ombre des grandes forêts.

Cette chanson (qui ouvre l’album) et Tristesse (qui le clôt) étaient déjà présentes dans L’Aube Morne, la première démo publiée d’Artesia désormais épuisée, mais dans des versions beaucoup moins élaborées. Il n’y a qu’à comparer les versions pour se rendre compte de l’évolution énorme du son.

Wanderings comporte aussi  un morceau instrumental, The Gaels, superbe variation d’un air de Dougie MacLean rendu célèbre par son utilisation dans le film Le Dernier des Mohicans de Michael Mann, où le violon de Gaëlle fait des merveilles.    

Wanderings est un véritable enchantement, le plus difficile avec ce disque est d’arriver à choisir son morceau préféré.

artesia-agathe-gaelle-karydwen.jpg

Photo : Karydwen

http://www.artesia-wanderings.com/

28.12.2011

Ultravox - Love's Great Adventure

Et hop ! Une petite madeleine vidéo.

Chapitre VIII : Ultravox - "Love's Great Adventure" (1984)

A la fin de l'année 1984, le groupe Ultravox, mené par Midge Ure, sort une compilation de ses singles sur laquelle figure ce titre inédit.

Il est accompagné d'une vidéo fun, sorte de pastiche d'Indiana Jones ; le groupe termine l'année en beauté. Pour Ultravox, les 80s furent une grande aventure :)

En France, le groupe n'est pas le plus connu de la New Wave, bien qu'il soit un groupe phare de cette catégorie. Séparé en 1988, il s'est depuis reformé, dans la formation dite classique: Midge Ure, Billy Currie, Chris Cross, Warren Cann, et un tout nouvel album est annoncé pour l'année qui vient...

18.12.2011

The Kills - Silent Night

the-kills.jpg

Fantasme de saison : Alison Mosshart en fille du Père Noël, devant la cheminée, toute nue dans mes grands souliers ^^

Bon, on peut bien rêver n’est-ce pas ? En attendant Alison et son complice Jamie se sont changés en maman et papa noël pour nous offrir un vrai cadeau (gratuit, quoi) que l’on peut acquérir sous forme de mp3 : une version inédite de Silent Night, issue d'une session pour la BBC.

The Kills sacrifierait donc à la tradition de la chanson de Noël ? Pas exactement, puisque le texte a été revisité, et il s’agit d’une version très dépouillée, voix + guitare acoustique, qui sonne bluesy, en un mot, c’est un must. Mince, c’est pas un mot français, mais la chanson et le groupe ne le sont pas non plus :p

Le morceau est téléchargeable en suivant ce lien jusqu’au 23 décembre. Profitez-en, tant que The Kills est au pied du sapin.

08.12.2011

The Cure - Bestival Live 2011

the-cure-bestival-live-2011.jpgCette année, le Père Noël c’est Robert Smith ! En effet, il nous offre un superbe album live avec ce Bestival Live 2011 enregistré le 10 septembre de cette année lors du fameux Festival de l’ile de Wight.

32 titres, soit l’intégralité du concert, rappels compris, sur un double CD pour le prix d’un seul, de plus les bénéfices iront à une association de bienfaisance (The Isle of Wight Youth Trust).

En outre, ce concert marque le retour officiel au sein du groupe de Roger O’Donnell aux claviers, et ça fait du bien ! En effet, les claviers sont indispensables au son des Cure, leur absence sur scène se faisait pas mal sentir sur des morceaux comme Just Like Heaven, Inbetween Days, Play for Today, pour ne citer que ceux là.

Et Roger O’Donnell est LE claviériste de The Cure, il fait un boulot superbe. La présence d’une nappe de synthé « intersidérale »  inédite sur Killing an Arab (rebaptisé Killing Another puisque Robert Smith en a marre des polémiques liées au titre de la chanson) est une trouvaille géniale qui rehausse encore le morceau.  

Si le son du live Entreat Plus (proposé dans l’édition Deluxe de Disintegration) avec un mixage effectué par Robert Smith lui-même, n’était pas satisfaisant, ici c’est tout le contraire. Le son est impeccable, très net, la batterie notamment se détache clairement, comme si Smith avait voulu mettre en évidence Jason Cooper qui, malgré ses 16 années de présence dans le groupe, est toujours en mal de reconnaissance auprès de certains fans qui passent leur temps à regretter la frappe de Boris Williams, son prédécesseur. Robert Smith adresserait ainsi un petit pied de nez aux fans trop passéistes du groupe ?^^

La virtuosité de Simon Gallup à la basse, quant à elle, n’est plus à prouver. Gallup est impressionnant, et on se régale.

Smith s'occupe désormais seul des parties de guitares, et sa voix ne faillit pas.

Le seul petit défaut de ce disque, c’est sur Play for Today, où le mixage met totalement en retrait le public qui chante en accompagnant l’air joué par le synthé.

Un superbe live pour terminer 2011 en beauté, c’est de bon augure en attendant le DVD des concerts Reflections enregistrés à Sydney (et pourquoi pas celui du concert de Bercy en 2008, on peut rêver^^), la réédition de Wish en Deluxe, 20 ans après la parution d’origine, et surtout le successeur de 4 :13 Dream , espérons...    

02.12.2011

The Sisters of Mercy - Le Bikini, Ramonville-Saint-Agne, 30-11-2011

sisters-of-mercy-toulouse.jpg

Avant-hier soir, il y avait beaucoup de brouillard au Bikini de Toulouse, beaucoup plus qu’à l’extérieur de la salle. Et de cette brume artificielle ont surgi les trois membres des Sisters of Mercy accompagnés par le tonnerre de Doktor Avalanche, la fidèle boite à rythmes, âme damnée électronique du chanteur Andrew Eldritch.

Véritable événement que la venue des Sisters à Toulouse, car si j’ai bien compté, ce n’est que la cinquième fois que le groupe se produit en France en 30 ans d’existence. Trois fois à Paris (la première en 2006) et deux concerts en province ; celui-ci, et la veille à Clermont-Ferrand. Une obscure aversion pour la France de la part d’Eldritch soit disant… de l’histoire ancienne en tout cas.

Après une première partie insignifiante (les Common Diamond), la scène du Bikini disparaît complètement à 21 heures 30  dans le brouillard artificiel copieusement vomi par les machines, complices de Doktor Avalanche à n’en pas douter. En effet, cette brume, alliée à l’éclairage venant de derrière, est un vrai écran de protection pour Eldritch qui n’a qu’à faire quelques pas vers le fond  de la scène pour devenir invisible. Du coup se sont les deux guitaristes, Ben Christo et Chris Catalyst, chacun solidement campé sur son côté de scène, que l’on voit le plus souvent et qui assurent le show. Ils ont d’ailleurs un morceau pour eux tout seuls, l’instrumental Top Nite Out (qui me fait penser à du Joe Satriani, au passage^^)

C’est Doktor Avalanche qui impose le rythme, et il est implacable. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, en à peine 1 heure 30 le groupe joue une bonne vingtaine de titres, rappels compris.

Il y a du très bon : les titres inédits sur disques comme Arms ou Summer  et les désormais légendaires chansons Alice et Marian,  mais pas mal de titres de la période 80s sont joués très metal, ce qui les dénature beaucoup, et l’absence d’une vraie basse (elle est jouée électroniquement) se fait cruellement sentir (sur Lucretia my reflection, c’est flagrant). En revanche des morceaux comme More  ou Vision Thing, où les guitares sont très rock à l’origine, passent sans problème.

Il y a donc eu du moins bon, mais le pire c’est le final avec un Temple of Love méconnaissable ; trop metal les gars !

Et au milieu de tout ce brouillard digne d’un film d’épouvante où se découpaient les silhouettes des trois sisters*, de ces lumières qui éclairaient davantage le public que les musiciens et de ces guitares qui parfois hachaient menue la new wave originelle de certains titres, il y eut une apparition : Coralie Trinh Thi se frayant un chemin dans le public et qui m’a frôlé. Damned, j’ai eu un contact physique** avec Coralie Trinh Thi lors d’un concert des Sisters ! Ca n'arrive pas tous les jours une expérience pareille... Comment ça, vous ne savez pas qui est Coralie Trinh Thi ?  Ne mentez pas, votre nez va s’allonger ^^

* je sais bien que les Sisters sont quatre en réalité, mais Doktor Avalanche n’a pas de silhouette  

** pendant nettement moins de 17 secondes, hélas

28.11.2011

Pétition pour la librairie Castéla à Toulouse

librairie-castela.jpg

Afin de tenter de sauver la librairie indépendante Castéla, sise Place du Capitole à Toulouse :

"Créée en 1917 par Madame Castéla, la librairie phare de la place du Capitole est dirigée depuis quarante-cinq ans par la famille Blanc. Elle devrait fermer en février 2012.

Le propriétaire des lieux fait simplement valoir son droit d'éviction et va payer une indemnité à Castéla pour récupérer le local. Libre à lui ensuite de relouer les locaux au commerce de son choix. Mais les loyers ayant explosé autour de la place, il est peu probable qu'un commerce indépendant s'installe. Ainsi nous aurons peut etre un enième magasin de téléphones ou d'habits bon marché ...

La librairie Castéla est une enseigne emblématique de Toulouse. De simple librairie de quartier fondée en 1917 par Madame Castéla, elle est devenue au fil des années, une façade phare de la culture étirée sur 1 800 m2 vouée à la littérature, aux manuels scolaires et universitaires. Sans oublier une boutique dédiée à l'écriture. Une enseigne inscrite dans le peloton de tête des librairies de l'Hexagone et l'une des plus importantes sur la ville. Une trentaine de salariés travaille chez Castéla : « C'est à eux que je pense en ce moment », ajoute Georges Blanc."

http://www.petitionenligne.fr/petition/contre-la-fermetur...

22.11.2011

Chantier - Stephen King (alias Richard Bachman)

 richard-bachman-stephen-king-chantier.gifSixième et dernière lecture dans le cadre du challenge Stephen King. Je termine avec la catégorie Bachman et le roman Chantier (Roadwork) paru à l’origine en 1981.

Petit changement de programme pour ce challenge puisque j’avais tout d’abord prévu de lire Les Régulateurs pour les livres écrits sous le pseudonyme de Richard Bachman, mais Chantier m’est finalement tombé entre les mains et, ça tombait bien, je ne l’avais jamais lu^^.

Très bon livre que ce « roman de jeunesse » de King (écrit vers 1974) contant l’histoire d’un cadre moyen, Bart Dawes, travaillant dans une blanchisserie, marié, possédant une jolie petite maison dans un quartier paisible, qui voit sa vie, somme toute banale, bouleversée par l’avancée du progrès matérialisée par une autoroute en construction dont le trajet doit rayer de la carte son lieu de travail et sa maison.

Il n’y a aucun élément fantastique dans ce roman, rien de surnaturel, mais SK parvient sans peine à nous faire intimement partager la descente aux enfers de Bart Dawes, nous plongeant littéralement dans la tête du héros, révélant une faille douloureuse de son âme consécutive à un deuil qu'il n’a jamais complètement fait. Faille qu’une succession d’événements rendra de plus en plus visible. Le chaos semble alors aussi inéluctable que la « marche du progrès » représentée par le chantier de l’autoroute.  

Le contexte de l’histoire est très intéressant puisque l’action se déroule entre novembre 1973 et janvier 1974, soit pendant le premier choc pétrolier. Sous la plume de SK  l’American Way of Life, le consumérisme, en prennent pour leur grade, et mis en parallèle avec la crise actuelle, ça prend une saveur amère toute particulière…

A travers ce contexte et le héros à la vie bien rangée et banale mais qui a vécu un drame dont l’injustice le travaille, SK interroge sur le sens à donner à son existence dans pareille situation, y’a-t-il un espoir de comprendre le sens des épreuves qu’on subi, peut-on espérer pouvoir vraiment changer les choses sans sombrer dans la folie et la violence ?

Chantier n’est pas le plus connu des romans de King, mais c’est certainement l’un des plus sombres. A découvrir…

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Tout mon challenge Stephen King :

Danse macabre, Dead Zone, L'année du loup-garou, La petite fille qui aimait Tom Gordon, Dreamcatcher, Chantier

17.11.2011

The Kills - Le Bikini, Ramonville-Saint-Agne, 16/11/2011

Super concert donné hier soir par The Kills au Bikini, juste à côté de Toulouse ! Première fois que je voyais le duo américano-britannique sur scène, mieux vaut tard que jamais… Alison Mosshart et Jamie Hince (alias VV et Hotel) ont distillé, comme un bon whisky, leur garage-rock mâtiné de blues, un régal.

Mais, comme pour confirmer l’adage selon lequel les très bonnes choses se méritent, il a fallu patienter. Car une première partie il y eut : Weekend, un trio américain faisant dans le rock noisy, shoegazing , exactement comme à la fin des 80s. On aurait donc pu se croire revenu plus de vingt ans en arrière, mais les téléphones portables qui s’allumaient dans le public étaient là pour nous rappeler qu’on est bien en 2011…  Pas très nouveau comme son, mais sympathique tout de même à mes oreilles de quadragénaire^^

Quand The Kills apparaît enfin sur scène, l’ambiance fait un bond prodigieux. Le duo (qui est venu avec du renfort : quatre joueurs de tambour en blousons noirs, le visage à demi dissimulé par un foulard rouge, façon bandits du Far-West)  attaque sur les chapeaux de roue avec No Wow.

Le charme électrique du duo opère illico, surtout celui d’Alison dont la jolie bouille s’échevelle désormais dans une teinte rouge tirant sur le rose (je doute néanmoins qu’il s’agisse d’un hommage à la Ville Rose^^). VV arpente la scène comme une tigresse qui ferait semblant d’être en cage, gesticule, empoigne le micro et maltraite son pied (du micro, le pied…), chante penchée vers le public, un pied (à elle cette fois) posé sur l’enceinte de retour de scène, cherchant à accrocher des regards.

Des regards –et des sourires- elle en adresse souvent à son complice Jamie, le capitaine des guitares et de la boîte à rythmes (car ces deux là sont complices, c’est indéniable, de vrais "partners in crime").

Future Start Slow, Heart is a Beating Drum, les titres s’enchainent faisant la part belle au dernier excellent album, Blood Pressures ( je me régale sur DNA, mon titre préféré dudit album), mais le précédent Midnight Boom n’est pas en reste, U.R.A Fever et l’inévitable Cheap and Cheerful mettent une grosse ambiance.

Durant le rappel, le duo nous offre notamment une superbe version d’une des plus belles chansons du monde : Pale Blue Eyes du Velvet Underground (qu’Alison chante un gobelet de bière à la main), un Fuck the People chauffé à blanc, énorme, et termine le concert en douceur avec la ballade The Last Goodbye. Quelques briquets s’allument même dans le public, j’avais pas vu ça depuis des lustres, on est pourtant bel et bien en 2011 ! A la fin de la chanson, Alison et Jamie s’enlacent : point final en velours d’une soirée chaleureusement électrique.  

the-kills.jpg

crédit photo: Shawn Brackbill

 

Ze setlist :

No Wow

Future Start Slow

Heart is a Beating Drum

Kissy Kissy

U.R.A. Fever

DNA

Satellite

Last Day of Magic

Baby Says

Black Balloon

Pots and Pans

Cheap and Cheerful

Tape Song    

Rappel:

Pale Blue Eyes

Sour Cherry

Fuck the People

Monkey 23

The Last Goodbye

 

15.11.2011

The Puppini Sisters - Hollywood

the-puppini-sisters-hollywood.jpgNouvel album pour les Puppini Sisters, trio de jazz vocal féminin que j’avais découvert il y a deux ans.

Après un album de Noël sorti l’an dernier, avec les classiques de cette période revisités à leur manière swinguante, Marcella, Stephanie et Kate rendent hommage cette fois à Hollywood, comme le titre de l’album l’indique. Plus exactement le Hollywood des années 50 : Les Hommes préfèrent les blondes, West Side Story, Chantons sous la pluie… sont ainsi représentés avec des chansons célèbres qui leur sont associées superbement arrangées par les trois demoiselles.

Petit détour par les années 70 avec la chanson du film Le Parrain, interprétée en français (« Parle plus bas ») comme l’avait fait Dalida en son temps. Il y a une autre chanson en français (« Moi je joue »), qui n’apparaît dans aucun film à ma connaissance, mais qui est chantée à l’origine par notre Brigitte Bardot nationale qui a quelque peu émoustillé Hollywood lorsqu’elle était actrice^^

Dix reprises et une chanson originale (qui donne son titre à l’album) pour rendre hommage au cinéma américain en swinguant.    

J'espère les revoir prochainement sur scène, elles valent absolument le détour !  

13.11.2011

Dreamcatcher - Stephen King

 

stephen-king-dreamcatcher.jpgCinquième lecture dans le cadre du Challenge Stephen King, cette fois la catégorie années 2000, avec Dreamcatcher, paru aux Etats-Unis en 2001.

Quatre amis d’enfance se réunissent comme chaque année au mois de novembre pour une partie de chasse dans les forêts du Maine. Mais cette fois ci, un type égaré et manifestement pas dans son assiette croise leur chemin. De plus, on parle de lumières dans le ciel et de disparitions mystérieuses ; les extraterrestres auraient-ils débarqués dans le Maine ?

Quelques petits spoilers à partir d'ici.

Il est bel et bien question d’extraterrestres dans Dreamcatcher, un sujet rarement abordé par SK dans ses romans (Les Tommyknockers par exemple) et ici les ET posent un gros problème de santé publique que des troupes de l’armée des Etats-Unis tentent de régler sans trop faire de bruits. Ca fait beaucoup penser à X-Files et SK y fait d’ailleurs clairement référence, d’autant que les ET sont du style humanoïdes gris.

Il y a également des références très claires à Alien, à la sauce trash. En effet dans la première partie du livre (intitulée Cancer et qui est celle que je préfère) il est question de bestioles se développant dans les intestins de leurs hôtes, générant des problèmes gastriques particulièrement sévères. Les descriptions peu ragoutantes ne manquent pas, ce qui au départ provoque immanquablement l’amusement, mais rapidement on baigne dans l’horreur et dans une atmosphère de déliquescence très bien rendue, tout comme la souffrance physique éprouvée par les personnages.

Il faut signaler que Dreamcatcher occupe une place à part dans l’œuvre de King. C’est en effet le premier roman qu’il a écrit après l’accident qui a failli lui couter la vie, renversé par un véhicule. Un des personnages du roman est d’ailleurs victime d’un tel accident. Pas étonnant que la douleur physique, expérimentée par l’auteur, soit omniprésente dans ce livre. Rares sont les protagonistes à ne pas y goûter.

Dreamcatcher est surtout l’histoire de quatre copains liés par une forte amitié remontant à l’enfance où ils ont vécu des expériences qui les ont soudés à tout jamais, grâce à un cinquième individu, un peu spécial, et surnommé Duddits. En cela, ils rappellent les héros de Ca, il y a par ailleurs une référence à l’histoire de ce roman dans Dreamcatcher.

La deuxième partie du livre nous présente les militaires chargés de régler le problème posé par les ET, notamment un colonel en fin de carrière et franchement pas commode tant et si bien qu’il pourrait bien être plus dangereux que la menace extraterrestre.

La troisième et dernière partie se résume à une course poursuite dans les paysages enneigés entre les principaux protagonistes, et le rythme est bien mené, c’est certainement la partie qui se lit le plus vite…

Dreamcatcher est un roman que j’ai aimé, même si j’ai trouvé quelques longueurs (c’est très rare que ça m’arrive avec  Stephen King !) à cause de certains passages confus concernant le personnage de Duddits (auquel j’ai eu du mal à m’attacher d’ailleurs, malgré sa particularité) et le fameux attrape-rêve, le dreamcatcher du titre.

Mais le thème des extraterrestres traité façon X-Files, la noirceur du roman, notamment dans sa première partie, le fait qu’il s’agisse du roman d’un survivant et que ça transparaisse subtilement dans le récit, fini par l’emporter largement sur ces petites réserves.

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Voir aussi : Danse macabre, Dead Zone, L'Année du loup-garou, La petite fille qui aimait Tom Gordon

04.11.2011

Patricia Petibon - Halle aux grains, Toulouse, 3/11/2011

patricia-petibon.jpg

Hier soir, l’Espagne a poussé un peu sa corne dans la Halle aux Grains de Toulouse ; façon lyrique.

Patricia Petibon, qui vient de sortir un superbe  album d’airs et de chants espagnols, est apparue radieuse sur la scène : robe toute rouge et rubans idem dans ses cheveux tressés.

Accompagnée par l’Orchestre National du Capitole dirigé par Josep Pons elle nous a ravis en interprétant Granados, Turina, Falla et les Melodias de la melancolia spécialement composées pour elle par Nicolas Bacri.

Premier rappel : Patricia a chanté la cancion de cuna de Montsalvatge, et comme il s’agit d’une berceuse, elle a terminé la chanson allongée sur la scène…

Second rappel : Facétieuse, Patricia est apparue avec un nouvel accessoire, un gros nez rouge de clown, en mousse, qu’elle finira par lancer dans les violons. Elle a annoncé quelque chose comme « c’est l’histoire d’un homme qui est pris de terribles démangeaisons » avant d’attaquer La tarentula de Gimenez en se grattant sous toutes les coutures^^

Fin de la première partie de la soirée. Déjà ? Dommage, on ne se lasse pas de la soprano rousse.

La deuxième partie était consacrée à Ravel : Alborada del gracioso, la Rapsodie espagnole et bien sûr le Boléro. Proposer du Ravel sans jouer le Boléro,  ça serait un peu comme si les Rolling Stones en concert ne jouaient pas Satisfaction ;)

J’ai toujours adoré le Boléro, l’écouter sur disque c’est une chose, l’écouter joué sur scène, c’est renversant. L’Orchestre du Capitole fut flamboyant.

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01.11.2011

Patricia Petibon - Melancolia

patricia-petibon-melancolia.jpgSi vous recherchez l’enchantement, il existe un moyen simple de le trouver : écouter Melancolia, le dernier disque de Patricia Petibon.

Même si je n’en parle que pour la première fois ici, Patricia Petibon est ma chanteuse lyrique favorite depuis un petit moment déjà, et avec ce  nouveau disque, je ne suis pas prêt de changer ma préférence.

 Melancolia nous emmène en Espagne avec des airs de la musique classique espagnole et de zarzuela, et fait un détour par le Brésil avec la magnifique Cantilena de Villa-Lobos et l’envoutant chant traditionnel Ogundé uareré dont les racines se trouvent en Afrique de l’Ouest, dans la culture Yoruba.

Et comme fil rouge, la mélancolie.

Le disque s’achève par Melodias de la melancolia, quatre poèmes du colombien Alvaro Escobar-Molina mis en musique tout spécialement pour Patricia Petibon par Nicolas Bacri, il s’agit donc d’une œuvre inédite.

La soprano est accompagnée par l’Orchestre national d’Espagne dirigé par Josep Pons, et sur certains morceaux par le guitariste Daniel Manzanas, le percussionniste Joël Grare et la pianiste Susan Manoff.